Infornography

Tout le monde est relié

A la recherche du girls band nord-coréen évaporé

En Corée du Sud, il y a la KPOP. Et surtout les groupes féminins de KPOP. Clips flashy, vêtements branchés, poses sexy, rythmes entêtants… Au sud de la DMZ, la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, les idoles cools et jolies de la hallyu font des millions de vues sur YouTube avec leurs morceaux melting pot aux influences très occidentales. Des stars capitalistes et mondialisées qui comptent des fans dans le monde entier. Sauf, peut-être, en Corée du Nord.

Il ne faut cependant pas se risquer à dire que la musique n’existe pas dans le pays le plus fermé du monde. Si les venues d’artistes étrangers sont rares voire inexistantes, hormis quelques trublions de la trempe du groupe de musique industrielle Laibach, le pays des Kim a ses musiciens maison, et même sa propre KPOP. Elle n’a cependant rien en commun avec celle de son voisin du sud. Chez les Moranbong, formées en juillet 2012, le temps semble s’être arrêté dans les années 60, et le patriotisme a remplacé les histoires d’amour adolescentes. Et aucun responsable de label n’est là pour choisir les « rookies », ces débutantes prometteuses qui auront l’honneur de faire partie d’un groupe. Au Nord, ce privilège reviendrait au leader Kim Jong-un lui même.

Pas facile d’exporter un tel produit. Si une artiste KPOP comme CL, du groupe 2NE1, a maintenant plus qu’un pied aux Etats-Unis, les Moranbong, si elles interprètent parfois des chansons étrangères, n’avaient pas encore traîné les leurs hors de Corée du Nord jusqu’à samedi dernier, où elles arrivaient à Pékin dans le but de jouer trois concerts. Un probable geste de Kim Jong-un en vue d’améliorer des relations diplomatiques un peu aigres… qui a capoté. En effet, la Corée du Nord, si les spécialistes s’accordent à dire qu’elle est bien plus rationnelle qu’elle n’y paraît, réserve souvent des surprises, comme celle de voir les starlettes nord-coréennes rentrer à Pyongyang aussi vite qu’elles étaient venues, sans raison apparente. L’agence Associated Press raconte que les artistes accompagnées d’un orchestre sont venus à bord de véhicules diplomatiques, avant d’embarquer peu après sur un vol Air Koryo, la compagnie nord-coréenne.

Pour le réchauffement des relations, c’est raté. Bien entendu, les concerts ont été annulés, et la question du « pourquoi » reste posée. La vieille rumeur d’une relation passée entre une artiste d’un groupe nord-coréen et Kim Jong-un aurait-elle ulcéré la délégation ? Ou bien la Chine avait-elle préparé un accueil moins prestigieux que prévu aux Nord-Coréens en réponse à la dernière provocation de leur leader ? Quoi qu’il en soit, cette annulation abrupte est le signe de « mauvaises manières diplomatiques » et va « dégrader les relations entre la Chine et la Corée du Nord », avance un chercheur. Le Nord pourrait cependant revenir vers Pékin la bouche en coeur en vue du congrès exceptionnel du parti au pouvoir, prévu en octobre prochain. Le week-end dernier, les spectateurs chinois triés sur le volet n’ont en tout cas pas pu profiter de Fly Higher, My Party Flag, The Glorious Motherland ou encore Long Live the Workers’ Party of Korea, entre autres tubes. Et ça, c’est vraiment triste.

안녕하세요, it’s me

Déjà 1 400 000 vues

Déjà 1 400 000 vues

Au grand jeu des reprises de Hello, la nouvelle chanson d’Adele, c’est une jeune coréenne qui a gagné cette semaine.

Jeudi 5 novembre, la vidéo de la reprise d’une étudiante de la Seoul Music High School, en Corée du Sud, est publiée sur Facebook et YouTube. Assise en uniforme dans une salle de cours, accompagnée d’un pianiste, la jeune interprète, habitée par sa chanson, livre une prestation impressionnante vue plus de 1 400 000 fois sur YouTube. A l’heure qu’il est, cette jeune fille est sans doute dépassée (ou heureuse) de voir tant de monde être soufflé par ses talents, médias compris, BuzzFeed, le Huffington Post, Metro ou le Daily Mail ayant partagé la vidéo, avec moult compliments. Plus que 259 millions de vues pour égaler l’original, qui bat tous les records. On y croit !

Lush est de retour

J'avais oublié de mettre une légende

J’avais oublié de mettre une légende

C’est officiel. Après la reformation des anglais de Slowdive en 2014, c’est au tour de Lush, autre formation britannique de la mouvance shoegaze et dream pop des 90s, de remettre le couvert pour le plus grand bonheur de ses fans éternels. Pour ceux qui ne connaissent pas, le shoegazing est une musique cotonneuse faite par et pour des gens sensibles, qui aiment se noyer dans des mers sonores chaudes et douces, pendant que les guitaristes regardent leurs pieds pour gérer les pédales d’effets. D’où le nom de cette scène, faite de musiciens prétendument sans charisme les yeux rivés sur leurs chaussures, qui plongent leur public dans un trip à 130 décibels à la My Bloody Valentine (une autre reformation). Parmi les groupes mythiques de l’époque, Lush faisait moins dans la cascade sonore que dans la caresse et la guitare cristalline, comme l’illustre si bien ce morceau :

Fondé en 1988 et signé sur le cultissime label 4AD (bien connu des gothiques pour avoir sorti les albums de Cocteau Twins et de Dead Can Dance), Lush cesse brutalement ses activités après le suicide du batteur Chris Acland en 1996, après avoir sorti trois albums (plus un mini) et deux compilations. C’est donc sous la forme d’un trio que Lush revient, Miki Berenyi sans ses cheveux rouges, Emma Anderson et Phil King (et Justin Welch en refort). Lundi dernier, Emma Anderson avait lancé le teasing sur son compte Twitter, avec un « 7 days » énigmatique, auquel ont succédé un site officiel, un compte Twitter, un compte Facebook et même un compte Instagram. Le doute n’était plus possible, et hier, la nouvelle a été annoncée : Lush va jouer un concert à Londres en mai 2016, une compilation va sortir, et d’autres concerts attendent d’être bookés. Et les fans endormis nagent à nouveau dans la barbapapa amplifiée.

Ce concert londonien aura lieu le 6 mai 2016 au Roundhouse, et les places sont en vente dès demain. Paris n’étant pas loin, j’ai bon espoir que le trio vienne jusqu’à nous (surtout que j’ai raté la reformation de Slowdive). Côté disquaires, le label 4AD a annoncé pour décembre la sortie d’un coffret de 5 disques regroupant les albums, compilations et inédits du groupe, intitulé Chorus. Le best-of de Lush, Ciao!, ressortira en vinyl en novembre. A noter que les amateurs de streaming peuvent écouter la discographie complète du groupe sur Deezer et Spotify. C’est beau, la modernité.

Pour finir, une sélection tout à fait subjective de mes morceaux favoris de Lush. Bonne écoute.

Le blog, le retour

Lain et son petit style

Lain et son petit style

Trop de choses à faire, pas assez de temps.
Je me dis ça très souvent, au moment où, par exemple, j’ai envie de lire un livre, mais que je réalise que je n’ai pas regardé les dernières séries d’animation japonaises, que les articles sauvegardés s’entassent dans mon Pocket, qu’il y a des festivals en ville à n’en plus finir, que je ne blogue plus, et qu’il faut même aller au travail. La curiosité me fait vivre mais peut aussi me bloquer, car toutes ces envies finissent parfois par s’annuler les unes les autres, et je me retrouve alors à passer une énième soirée les yeux rivés sur Twitter. Dommage.

Et bien cela doit cesser, figurez-vous. Les années passent, la vieillesse frappe à la porte (comprenez que je suis plus proche des 30 ans que des 20), on prend conscience du temps qui fuit… C’est le moment d’arrêter de glander. Après quelques années sans blog, justifiées par le fait que j’avais moins envie d’écrire le soir après avoir déjà écrit la journée (études de journalisme, tout ça), je sens de nouveau la flamme brûler en moi, celle qui m’a fait créer des sites aux noms bizarres quand j’étais jeune, et qui plus tard m’a fait participer à la blogosphère des fans francophones de culture japonaise. Et pourtant, c’était pas donné. Je me suis d’abord lancé à la recherche d’un thème tout fait pour ma plateforme de blog, WordPress, recherche qui peut me prendre des heures, car je suis très difficile. Je me demandais en même temps s’il était mieux d’ouvrir un blog généraliste ou thématique, sachant que voir se côtoyer des sujets sans le moindre rapport, certains sérieux, d’autres futiles, pouvait donner un résultat étrange.

C’est là que je me suis souvenu que j’étais en possession d’un des meilleurs noms de domaine qui soit. Un un nom tiré d’une série d’animation japonaise culte, Serial Experiments Lain. Le titre du onzième épisode de cette série cyberpunk traduit bien ce dont je parlais au début de ce billet. Dans ma tête, c’est une profusion de curiosités, et devant mes yeux un flot continu d’informations, à un tel point que ça en devient quasi-pornographique. Pour le journaliste que je suis, Lain, l’héroïne, est sans doute une inspiration : omnisciente, omniprésente, elle se dédouble, vit dans le monde réel et sur Internet, voyage dans les câbles, et voit tout et tout le monde, comme en témoigne l’image saisissante qui décore ce blog, où son visage, surplombant la foule, apparaît sur un écran de télévision japonais. Ce n’est pas une adolescente qui finit reliée physiquement et mentalement au réseau mondial, le corps baignant dans les fils et les serveurs, qui va me reprocher de sauter du coq à l’âne sur ce modeste espace.

Il y sera donc question de nombreux sujets, de la culture japonaise ou coréenne en passant par la musique alternative britannique, le cinéma, les médias, Internet, vous, moi, et tout ce qui pourra me passer par la tête. J’ignore encore s’il me sera possible de tenir le fameux rythme d’un article tous les deux jours, professé à l’époque par le pape de la blogosphère otaku française, mais j’espère faire l’effort de traduire en pâtés de mots les séries de 140 caractères que je poste régulièrement sur Twitter (ici et ). Depuis que Google Reader est mort, je ne sais même plus quels sont les lecteurs de flux RSS à la mode, mais si vous en utilisez un, n’hésitez pas à m’y ajouter. J’en profite pour signaler l’existence de la page Productions, où l’on constate que des gens me laissent parler de mes passions inavouables dans de grands médias sérieux, et de la page de mes fils Twitter, qui montre qu’on peut parler de choses très sérieuses sur les réseaux sociaux.

Sur ce, je vous dis à très bientôt. Prenez soin de vous. Et pensez à votre pile à lire, elle vous appelle, mais vous ne l’entendez pas.

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